dimanche 8 mars 2026

Un prêtre (?) "catholique" sur la Genèse, j'interpelle


#1 « Aux seuils des Écritures » : La Genèse
La Bible en ses Traditions | 27 févr. 2026
https://www.youtube.com/watch?v=fJFGLA-2bog


Il avait commenté :

2:44 Elle contient des mythes, [Adam à Babel] des légendes 2:56 autour des patriarches Abraham, Isaac et 2:59 Jacob ou encore du roman avec l'histoire 3:02 de Joseph.


Je réplique :


Mythes, légendes, roman.

Soutenez-vous que la Genèse soit, du point de vue factuelle, de la fiction ?

I

Bernard Originis
@bernardoriginis9722
Ce n'est pas ce qu'il a dit, et ce n'est pas binaire (soit fiction, soit réel)...

Hans-Georg Lundahl
@hglundahl
@bernardoriginis9722 Merci de ne pas être d'accord avec lui, d'abord.

Ensuite, une précision. Je n'ai pas contrasté fiction et réel, aucune fiction ne saurait vivre uniquement de l'irréel.

Je contrasté fiction avec faits.

Et là, c'est binaire. Si je dis que Hitler était chancelier et président d'Allemagne en 1939 et qu'il envahissait la Pologne, c'est factuel. Si je dis que Hitler n'ait jamais fait la Grande Guerre et ne se soit jamais engagé dans la politique, ni comme Communiste dans le Soviet de Munich, ni de la suite comme National-Socialiste, mais qu'il resta peintre, ça peut être réel d'un point de vue, mais ce n'est pas factuel, c'est de la fiction.

Bernard Originis
@hglundahl C'est plus complexe. Un récit peut être composé d'un mélange de faits historiques et de de fiction, afin de renvoyer à des vérités plus universelles et intemporelles que les simples événements familiaux ou tribaux de Jacob par exemple...

L'intention des livres bibliques n'est pas de rapporter une chronique historiographique au sens moderne, mais de s'appuyer sur l'histoire pour montrer comment Dieu parle et agit.

S'il n'y avait rien d'historique mais seulement des idées humainement forgées, le peuple d'Israël n'aurait pas traversé les millénaires

Hans-Georg Lundahl
@bernardoriginis9722 "Un récit peut être composé d'un mélange de faits historiques et de de fiction"

Fort bien, peut dans le sens que ce soit juste un texte n'importe quel.

Ici on parle du texte biblique, non?

Parler du récit de Joseph comme un roman, ça prend des valeurs théologiques très différents selon ce qu'on parle d'un roman comme Le chant de Bernadette ou un roman comme Le Seigneur des Anneaux ou n'importe quel degré d'historicité entre les deux, par exemple Les trois mousquetaires.

Si on veut parler du récit de Joseph comme un roman dans le sens que Le chant de Bernadette ou The Assisi Underground (A. Ramati, sur le curé franciscain et le maire fasciste d'Assise qui sauvent des Juifs ensemble), je n'ai rien contre. Tant que la fictionnalité réside sur le niveau des choix des mots exacts dans les dialogues, à peu près.

Les légendes antérieurs, surtout les premiers chapitres après la création et avant Abraham, sont trop courts pour avoir même cette forme de fictionnalité. Si elles avaient une autre, elles ne seraient pas dans la Bible.

II

La Bible en ses Traditions
@LaBibleensesTraditions
Merci pour votre question (et votre patience ! ). Dans la vidéo, les termes « mythe », « légende » ou « roman » sont utilisés au sens de l’analyse littéraire et non au sens courant de « histoire inventée ».

Dans la recherche sur les textes antiques, ces mots servent à identifier le genre du récit. Par exemple :
– « mythe » désigne un récit symbolique sur les origines (création),
– « légende » une tradition transmise autour d’ancêtres anciens (comme les patriarches),
– « roman » un récit narratif très construit (comme ici l’histoire de Joseph).

L’identification d’une forme littéraire ne diminue pas la valeur du texte : elle permet au contraire de mieux comprendre comment il signifie. La question n’est pas seulement « que s’est-il passé ? » mais aussi « comment le texte parle-t-il du sens de l’histoire et de la relation entre Dieu et l’humanité ? ».

C’est l’approche développée par l’École biblique et archéologique française de Jérusalem : lire les textes bibliques avec les outils de la recherche pour mieux en comprendre le sens. Elle n’oppose en rien histoire, science et foi : elle cherche plutôt à comprendre comment les récits bibliques, dans leurs contextes historiques, expriment une vision du monde et de la relation entre Dieu et l’humanité. C'est pour cette raison que les travaux de l'École sont reconnus tant pour leur rigueur scientifique que leur pertinence théologique.

Hans-Georg Lundahl
@LaBibleensesTraditions Fort bien.

Selon la légende, il y a entre Adam et le Déluge de Noé entre 1300 et quelques et 2262 ans (selon le choix de texte) et il y a entre le Déluge et la naissance d'Abraham entre 292 et 1070 ans (selon le choix de texte).

Quand Abraham rencontre le pharaon, il y donc entre moins que 2000 ans et un peu plus que 3000 ans depuis la création d'Adam. Item depuis les événements de Genèse 3.

Vous êtes bien d'accord que :
  • dans ces conditions, avec tellement peu de fois que deux générations en séquence mais pas immédiate ne se touchent pas, ou plus, on a une bonne mémoire légendaire de la Chute ?
  • Adam était le premier homme ?
  • les Néanderthaliens étaient des hommes, descendaient d'Adam ?
  • et par conséquent ils sont mal datés, et pour que le carbone 14 puisse être aussi bas, la terre en total était récente à la création d'Adam ?


J'avais très malheureusement entendu dire que l'école biblique de Jérusalem aurait donné d'espace pour les théories d'évolution (au moins pour les créatures non humaines) et de très longues âges. Vous me rassurez donc que nenni, cette école carre très bien avec le créationnisme jeune terre, elle a juste été mal interprétée par d'autres ?

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